Les entre-lieux

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Périphérie, des entre-lieux.

C’est un parcours qui m’a fait prendre des chemins de traverse cheminant vers des pas grand-choses, des accès peu accessibles, des itinéraires bis pour aller nulle part; c’est un voyage qui se déroule là, ici, dans mon quotidien de citadin curieux de ce qu’il y a autour de la ville et entre.

J’y ai vu des vestiges récents, des ruines nouvelles, des bâtiments fantômes, des terrains que l’on dit vagues. J’ai sillonné des parcs décatis, des abords de route que l’on ne foule pas, des zones que l’on nomme industrielles, des parking vides mais aussi les lieux de vie désertés, immeubles ou lotissements pavillonnaires dont l’organisation purement utile laisse filtrer un potentiel poétique fort . J’ai observé et photographié  la ville et son orée en des endroits ni vraiment abandonnés ni vraiment remarquables, des territoires apparemment peu signifiants, ceux dont on entend dire qu’ils sont sans âme. Cette âme, l’esprit des lieux comme on la nomme parfois, se révèle dans mon travail par la non-présence directe de l’homme, ces atmosphères presque fantomatiques, d’absence,  pourtant au coeur de ce que l’homme a créé, se déploient grâce à cette contradiction. Ces lieux où le regard ne se pose que distraitement, sans les appréhender comme vivants ou réels, sont une partie de l’âme de la ville, de la cité, en ce qu’ils sont (où ont été) acteurs et scènes de rencontres entre des univers parfois discordant.

C’est l’abandon de la beauté qui devient la beauté de l’abandon.

On y est comme entre deux mondes.

Ce sont des entre-lieux.

 

Caen (les quartiers du Chemin vert, la Grâce de Dieu, la Guérinière, le Calvaire Saint Pierre , la Folie Couvrechef, les Rives de l’Orne, la Presqu’île…) Hérouville Saint Clair, Mondeville, Colombelles, Cormelles le Royal, If, Fleury sur Orne, Louvigny, Blainville sur orne, Carpiquet, Bretteville sur Odon ont été mes destinations de voyage quasi-quotidiennes pendant plus de 5 ans. C’est ici mais ça pourrait être dans n’importe quelle autre ville de taille similaire, c’est ça la singularité du banal.