Night visions

 

C’est toujours la sensation de voyager dans le quotidien qui me pousse à en extraire des paysages.

Mon approche de la ville, de la cité, émerge de ses codes, de ses traces, de ses matières et se voit ici prolongée par le prisme de la nuit. Plus précisément par le prisme de ce qui combat la nuit: lampadaires, néons, feux tricolores, publicités et autres abribus illuminés auxquels la nature et ses éléments se mêlent.

Ici la rencontre entre l’artefact purement utilitaire et l’élément naturel semble provoquer notre imagination déjà fertile lorsque la nuit et ses ténèbres l’excitent. Alors, dans un univers naturellement obscurci et artificiellement éclairci, les reflets, les scintillements, les couleurs et les ombres nous font voyager. Lumières et lueurs artificielles se révèlent à leurs grès sur le capteur (comme elles le faisaient sur la pellicule): ombres portées animant des chimères, sensualités révélées de macadams et d’asphaltes défraîchis, irisations magiques de rues et de trottoirs, apparitions soudaines de spectres, de paysages imaginaires.

C’est un onirisme quotidien non pas invisible, mais comme inscrit à l’encre sympathique qui se fait jour la nuit.