Trottoirs célestes

 

L’univers à mes pieds. Des mondes autour de moi:

Des cieux surgissent du béton, l’érosion modèle des cartes, des barrières pénétrantes, les murs racontent, la chaussée liquide et sensuelle, des routes dans les routes, des objets insignifiants le deviennent, les lignes sinuent, des flèches que l’on ne suit pas, les ombres éclairent.

Trottoirs célestes est un travail sur la matière urbaine: mobiliers urbains, matières des sols et murs, traces, accidents et rencontres de ces matières…

Il s’agit que ses codes s’effacent progressivement et s’affranchissent de leur quotidienneté pour mettre à jour un univers nouveau, parfois étrange. Ce modus operandi revêt parfois certaines analogies avec la peinture: travailler les à-plats de couleur, la composition, le cadrage, le grain des matières afin de révéler des paysages d’ondes et d’axes, de formes, de teintes et de substances, faire apparaître une abstraction formelle sans nier la réalité brute du sujet, le vider de ses conventions. L’oxymore surgit alors presque naturellement. L’équilibre se situe là:

La singularité du banal.

 

Ces images sont le fruit d’un travail Au long cours. Les premières ont été réalisées à partir de 2000 en argentique. Depuis 2008 je suis passé au numérique. La plupart de ces images ont été prises à Caen où ses proches alentours, entendu que la précision géographique n’a que peu d’importance puisque ce travail revêt un caractère non défini de l’espace, une sorte d’universalité du lieu.